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Pays des Lumières

"Il n'y a plus de place pour les humains" mais s'il y a bien un endroit qui résiste à l'envahisseur, c'est l'Aubrac, le seul lieu au monde où je peux me réfugier, fatiguée, lasse, déboîtée, souvent malade, après 365 jours de travail, de responsabilités, de contraintes et d'usure. J'ai la vie de milliards d'humains oui.


Je sais cependant reconnaître le besoin de me reconnecter au ciel et à la terre. De la tête aux pieds, je ressens l'envie irrépressible de récupérer mes énergies. La nature, telle que je la vois en ville me ferais presque pleurer. Elle ne me suffit pas. Elle ne me guérit plus.

Alors il faut rouler, partir, se tailler moins d'une semaine pour que je retrouve mes forces et que je puise l'essence qui me manque, celle qui passe par les poumons, la peau, les cheveux, les narines et les yeux.

L'Aubrac, pays où le bon dieu a perdu son espadrille ? Allez, les beaufs n'en pourront plus de leurs yeux vus de ne pas y voir plages, grandes surfaces, parkings, boutiques à foison, maisons du bricolage, restos à gogo, cadrans géants de cartes postales ... que sais-je encore.

Je vais là où l'espace n'est plus un luxe. Je pars là où mon corps me dit d'aller, je file là où ma fatigue va se raidir et disparaître. J'y prends mon gîte, j'y fais mon lit, je m'y allonge et j'y dors. Mais j'y dors la nuit et même le jour. J'enfouis mon visage et ferme mes yeux cernés. J'y perds mes rêves, en reprends d'autres plus tranquilles.


Et quand je me réveille, j'arpente la route, l'espace est là, devant moi, sous mes roues, sous mes petons nus dans l'herbe mouillée, devant mes bras tendus, dans mes yeux qui embrassent le ciel.


J'écoute, je vois, les champs, les animaux, les ruisseaux, le vent qui passe dans les arbres et qui rafraîchit mon cou. J'écarte les doigts, je frémis sous les premiers rayons du soleil, je m'assoupis avec ceux qui s'éloignent le soir. Ils ne sont pas encore partis qu'une grosse lune prend déjà sa ronde.


Les nuits sont fraîches, les journées peuvent être torrides. Il n'y a pas de silence absolu. Il n'y pas a pas d’échappatoire à soi même. Et cette confrontation me fait un bien fou.

Voilà.


Je lui rend hommage à ce pays là, à la famille qui m'y reçoit à bras ouverts. Je la remercie pour sa compréhension, sa bienveillance, sa gentillesse, sa générosité.


Je me plonge au pays des lumières comme je plonge dans leurs bras. Et je reviens plus forte. Par forcément moins fatiguée mais réconfortée de savoir qu'il y a un endroit sur terre où je suis attendue quelques jours dans l'année.

https://www.gite-lozere-aubrac.com/




J'ai pu réaliser avec ma Gabie ces merveilleux clichés. Je n'en ferai jamais de plus beaux d'elle ailleurs que là-bas.




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© 2020 by Corinne CAMIADE