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Portrait de Rachel ~ Modèle

J'ai rencontré Rachel en février 2017. Baroudeuse avertie, elle prend le train, blablacarise ses trajets, embarque dans un avion pour Londres quand ça lui chante. Notre premier cliché se déroule sous les pentes abruptes d'un site d'escalade à La Ciotat. Une rencontre éphémère et fragile, comme elle. Elle me donne de belles images, d'une sensibilité touchante et frêle.



Le désir de réitérer s'impose forcément mais elle habite loin alors nous nous suivons d'aussi loin via les réseaux sociaux et gardons le contact, chaleureux et sincère en espérant nous revoir très vite.

Notre deuxième rendez-vous s'établit à Albi six mois plus tard, où je suis en escale. Nous improvisons le contenu de la séance ; elle se pointe avec une robe de mariée ... Je suis charmée par son élégance naturelle, son allure toujours aussi fragile, exacerbée par son corps tatoué.




Je ne m'applique pas à cerner Rachel, ni à me dire que je la connais bien. Elle se livre peu de toute façon. Ni secrète ni expansive, elle se dose gentiment ... alors je savoure ses silences et respecte ses distances.


Le temps oeuvre pour nous et nous finissons par nous revoir pour la troisième fois ce week-end. J'entends alors ses petits pas sous le ciel pluvieux marseillais.

Elle s'installe chez moi.

Sa douceur est innée, sa présence est légère, sa voix est douce et son aura délicate. Et puis elle est petite Rachel. J'aime bien moi parce que je le suis aussi, et la taille c'est un problème pour les photographes je crois quand on est trop petit ;)

Bref, l'agréable impression que le temps n'a pas eu son emprise et que je l'ai quittée hier.

Sans mots inutiles ni futilités, nous attaquons notre séance, consciencieuse et concentrée, Rachel écoute mes consignes à la lettre. Je perçois quelque chose de différent, presque imperceptible. Elle pose de façon plus intense que les autres fois ... je ressens son besoin. Entre rires et silences, elle me livre son âme de femme et son intimité. Et par mon objectif, je touche sa peau, perfore son grain et trouve sa chaleur.





J'ai aimé qu'elle soit là, et qu'elle reste jusqu'au lendemain. J'adore nos photos. Je le prends comme un cadeau, quelque chose qu'elle a déposé chez moi, et qui ne s'effacera pas.


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© 2020 by Corinne CAMIADE